Gabon/Coopération : Alassane Ouattara en cinq ans à la tête de la Côte-d’Ivoire les réalisations…
04-09-2015

C’est a cœur ouvert que le chef de l’Etat Ivoirien, Alassane Ouattara, s’est exprimé, ou cours de l’interview exclusive accordée à nos confrères du journal l’Union, à Libreville ou il a pris part, la semaine dernière, à la quatrième édition du New York Forum Africa (NYFA).Il a entre autre abordé des relations entre le Gabon et la Côte-d’Ivoire et la préparation de l’élection présidentielles dans son pays.

 

Excellence, Monsieur le président l’état de la coopération entre le Gabon et votre pays, la Cote d’Ivoire ?

Les rapports entre les deux pays sont excellents.C’est d’abord entre Ali Bongo Ondimba et moi, en suite entre les deux peuples. Le Gabon et la Côte-d’Ivoire  ont une grande estime l’un pour l’autre. Nous avons toujours senti quand sommes au Gabon que nous étions chez nous : l’hospitalité, la chaleur, les dispositions qui sont souvent prises, les prévenances des uns et des autres. Nous considérons que la Côte-d’Ivoire offre, autant qu’elle peut, la même hospitalité à mon homologue Ali Bongo Ondimba et aux Gabonais qui vivent chez nous.

Le 25 octobre prochain vous remettez en jeu votre mandat, après cinq ans à la tête de la Cote d’Ivoire. Quelles sont les forces en présence ?

Vous savez, nous aurons l’élection présidentielle, le 25 octobre prochain. Elle sera démocratique. Pour preuve, en matière de candidatures, nous sommes 33 prétendants. 30 hommes et 3 femmes. Peut-être qu’il n’y a pas encore assez de femmes, mais c’est déjà cela. Parmi les candidats, si ma mémoire est bonne, nous avons deux anciens Premiers ministres, un ancien président de l’Assemblée nationale, un ancien secrétaire général de l’Union africaine et deux députés.

 

Il n’y a tout une bonne participation. Tous les partis politiques traditionnels sont également représentés. Il y a une coalition de partis libéraux qui me soutient. Le parti auquel j’appartiens (RDR), le parti Démocratique de Côte d’Ivoire  (PDCI-RDA) du père fondateur, feu Felix HouphouetBoigny , dont j’ai été le numéro 2 quand j’étais premier ministre, LUDPCI du défunt Robert Guei, l’UPCI, MFA. Ils sont tous membres du Rassemblement des Houphouetistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Tout comme mon parti, le RDR, ces formations politiques m’ont investi candidat à cette élection e. De l’autre côté, vous avez les partis d’opposition trationnels qui sont tous très bien connus. Le front populaire ivoirien ( FPI) de Laurent Gbagbo représenté par Pascal Affi N’Guessan et , il y a d’autre partis qui sont présents…

En l’absence de votre adversaire tradionnel, Laurent Gbagbo, cette élection ne parait-elle pas à votre portée ?

Il y a une situation de crise ou il a refusé de reconnaitre les résultats certifiés par les Nations unies,  à qui nous avions fait appel. Effectivement, Laurent Gbagbo est absent de Côte-D’ivoire . Il est à la Haye aux Pays Bas. Mais ceci étant, son parti politique demeure, il a un candidat. Le jour ou je ne serai plus en course, je pense que les partis qui me soutiennent , auront alors un autre candidat. Ce n’est pas un problème extraordinaire.

Après cinq ans passés à la tête de la Côte-d’Ivoire qu’est-ce que les Ivoiriens peuvent retenir de votre magistrature ? En un mot votre bilan Monsieur le président ?

Quand je suis arrivé aux affaires, le pays vivait dans une situation catastrophique. D’abord la gestion des dix dernières années, avait conduit la Côte-D’ivoire à avoir un taux de croissance moyen inférieur au taux de croissance de la population. Autrement dit, les ivoiriens se sont appauvris pendant cette période. En deuxième lieu, la crise post-électorale a entrainé quasiment l’asphyxie de l’économie, avec les embargos imposés par l’Union européenne, la CEDEAO et les autres. Nous avons donc pris un pays en totale déliquescence, qui n’avait pas de centres de santé d’école. Celles-ci avaient été fermées depuis longtemps. Les infrastructures avaient été abimées. Nous avons dû ramasser des centaines de cadavres dans les rues avec des risques d’épidémies. A l’hôtel du Golf nous avons été confinés pendant quatre mois. Bref, nous nous sommes mis au travail avec une équipe de gens d’expérience, de personnes compétentes. Ceci nous a permis de nettoyer les dégâts qui avaient été causés. Depuis 2012, nous avons commencé la reconstruction du pays…

…après un début de mandat plutôt difficile, du fait de la crise post-électorale, n’avez-vous pas l’impression que le temps est passé trop vite ?

Bien-sur, le temps est court. En trois en ans, nous avons quand même fait des choses qui sont remarquées par tous. D’ailleurs sur les années 2012, 2013,2014, la Côte-d’Ivoire a connu un taux moyen annuel de 9 % . Un des plus élevés au monde. Malgré les difficultés, nous avons réussi à réduire le déficit budgétaire d’environ 30%. Nous avons réduit la dette. Nous avons investi dans le domaine des infrastructures. Mais surtout, nous  avons mis l’accent sur le social. Concernant l’eau potable à Abidjan, nous donnons en cinq ans autant d’eau que les cinquante première années. Nous avons doublé la capacité de production d’eau.

Aujourd’hui, la consommation dans la ville d’Abidjan est supérieure à la demande de la population. Même si l’on peut déplorer quelques problèmes de conduit d’eau qui sont en train d’être résolus. Un travail de réhabilitation est fait dans tout le réseau  de distribution. Nous avons fait la même chose pour l’électricité. Nous produisons 2.000 Mégawatts d’électricité. C’est la moitié de la production du Nigéria qui a quand même 170 millions d’habitants ! La Côte-d’Ivoire n’en compte que 32 millions. Les coupures d’électricité qui étaient la règle par le passé, sont désormais très faibles.

 

Nous sommes le pays qui  à le moins de coupure  en Afrique. Nous avons moins de quarante heures de coupure d’électricité par an. Tout cela montre l’évolution. Notre ambition d’ici fin 2016 est d’électrifier tous les villages de plus cinq cent habitants sur l’ensemble du territoire national. Pour le moment, nous avons commencé à le faire dans les capitales régionales, départementales, les petit villes et sous-préfectures. Mais nous irons plus loin, faisant en sorte que toutes les localités qui ont plus de 300 habitants aient l’eau et l’électricité…

Nous avons construit 17.000 classes. Nous venons de rendre l’école obligatoire pour les enfants de 6 à 16 ans. Pour les plus démunis, la scolarité sera gratuite… Nous avons construit de nombreux centre de santé, nous avons réhabilité tous les CHU (Centre Hospitalier Universitaire)CHR (Centre Hospitalier Régional), les trois universités. A noter j’avais construit deux quand j’étais premier ministre. Depuis 2012, j’ai construit deux nouvelles universités à Korhogo et Daloa.

 

Je pourrais continuer à énumérer les investissements  en matière d’infrastructures, de centre de santé de l’eau potable. Tout cela concourt à améliorer le quotidien le bien-être, l’environnement. C’est dans cette lancée que nous avons augmenté les salaires des fonctionnaires. Des augmentations qui dépendant plus de vingt-sept ans, ces salaires n’avaient pas connu d’évolution. Nous avons augmenté de plus de 50% les revenus des paysans, des producteurs  de café, cacao, de coton, etc.

Nous allons tenir compte de l’évolution mondiale pour baisser le prix du carburant à la pompe. La situation économique se résume en ses chiffres du taux de croissance élevé, d’investissement de plus de 1.000 milliards par an. Nous allons atteindre 1.500 milliards de francs l’année prochaine. Et un travail important de rassemblement des ivoiriens a été fait, en mettant l’accent sur la réconciliation. S’avez-vous que nous avons mis en place une commission nationale de réconciliation et d’indemnisation  des victimes ? L’indemnisation des victimes à déjà commencé. Le 4 aout dernier, nous avons eu une grande manifestation. Tout cela permet de cicatriser les plaies, faire en sorte que les uns et les autres se pardonnent les problèmes que nous puissions voir ensemble l’avenir dans une nation réconciliée et en progrès.

 

Avec L’UNION