Gabon/Social : Grève dans l’administration publique : que faire de nos apprenants ?
05-03-2015
Plusieurs semaines de grèves déjà dans l’administration publique sans que les solutions idoines soient trouvées entre les syndicats regroupés au sein de la Dynamique Unitaire et le gouvernement.
 
Les deux parties se renvoyant la balle, la grève s’est généralisée à travers le pays. L’on note une totale paralysie à travers les secteurs de l’éducation, de la santé, de l’agriculture et des travaux publics.

Aujourd’hui, certaines voix s’élèvent pour appeler les parties prenantes à faire preuve de bons sens. Que chacun y mette un peu de l’eau dans son vin !

En nous appesantissant dans le domaine de l’éducation, d’aucun craignent que l’année ne soit déclarée blanche au Gabon. Ce qui créerait une lourde conséquence pour le pays dans la mesure où l’UNESCO prendrait des sanctions à l’encontre de nos gouvernants.

Mon défunt oncle disait qu’enseigner, c'est transmettre à la génération future un corpus de connaissances (savoir et savoir-faire) et de valeurs considérées comme faisant partie d'une culture commune. Cela dit, la jeunesse est sacrée. Ne la sacrifions pas s’il vous plait aux grés de nos intérêts partisans !
La mésentente constatée aujourd’hui entre le SENA et les autres syndicats de l’éducation tels le SNEC et la CONASYSED est une preuve que dans cette grève certains compatriotes nourrissent des ambitions politiques qui tendraient au pourrissement dans le secteur éducatif. Nous nous rendons compte que la société civile dans notre pays travaille avec la nouvelle opposition  composée des anciens membres du PDG.  On peut noter alors à qui profite ce crime contre notre jeunesse.
 
Mais que faisons-nous de nos apprenants assis depuis des semaines à la maison ?
Le silence de l’état, n’est-il  pas aussi complice ? Le rôle de l’état n’est-il pas d’apporter une éducation appropriée à nos enfants ?

En effet, il est souvent facile de confondre enseignement et éducation. Ce dernier terme, beaucoup plus général, correspond à la formation globale d'un individu, à divers niveaux (au niveau religieux, moral, social, technique, scientifique, médical, etc.). Le terme enseignement, de son côté, se réfère plutôt à une éducation bien précise, soit celle 'de la transmission de connaissances à l'aide de signes'.
 
Enseigner est donc éduquer, mais éduquer n'est pas forcément enseigner. Il est de notre devoir en tant que parents d'éduquer les enfants et de l'enseignant d'instruire ces derniers. Mais pour que la mayonnaise prenne, il faut que tout le monde s’accorde.

Ajoutons que l'éducation ne se limite pas à l'instruction stricto sensu qui serait relative seulement aux purs savoir et savoir-faire (partie utile à l'élève : savoir se débrouiller dans le contexte social et technique qui sera le sien).

Elle vise également à assurer à chaque individu le développement de toutes ses capacités (physiques, intellectuelles et morales). Ainsi, cette éducation lui permettra d'affronter sa vie personnelle, de la gérer en étant un citoyen responsable dans la société dans laquelle il évolue.

'Mais il faut remarquer que l'instruction s'enseigne, et que l'éducation s'apprend par un autre mode d'action du maître, quel qu'il soit'.

L'éducation est en général considérée comme quelque chose d'essentiel, en tant que véhicule de transmission aux générations ultérieures et en tant que moyen de défense et de domination des personnes éduquées ou, au contraire, d'asservissement de personnes soumise à un « bourrage de crâne » (racisme, xénophobie, légitimation de la violence contre un ennemi, inculcation du caractère normal d'une position sociale inférieure, etc.). Elle comporte de nombreux enjeux éthiques. L’heure est  donc aux interrogations dans cette crise sociale qui perdure.