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Gabon / Politique : Myboto, Mba Obame reconnaissent la victoire d’Ali BONGO Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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28-02-2010
Lors du passage du président français à Libreville le 24 février, les responsables de huit partis de l’opposition gabonaise ont remis à Nicolas Sarkozy un mémorandum politique, que nous publions ci-après dans son intégralité. Revenant sur les irrégularités du scrutin présidentiel du 30 août 2009, les leaders de l’opposition ont exhorté le partenaire français à soutenir «sincèrement» l’émergence d’une démocratie effective au Gabon.
«Du 23 mars au 19 avril 1990, trois mois avant le 16e Sommet Afrique-France de la Baule et après 22 ans d’un régime de parti unique, les Gabonais se sont librement et clairement exprimés dans le cadre des assises de la Conférence nationale et ont adopté sans ambiguïté et sans équivoque le système de la démocratie pluraliste dont les grands principes sont contenus dans la Constitution du 26 mars 1991.

L’instauration d’un régime démocratique effectif est une aspiration profonde des Gabonais à jouir pleinement de tous leurs droits et libertés. L’élection présidentielle anticipée du 30 août 2009 aurait dû marquer un tournant décisif de ce processus de démocratisation dans lequel les Gabonais étaient engagés depuis 1990 pour assurer un meilleur développement du pays. Alors que le peuple Gabonais s’est clairement exprimé pour le changement dans son vote du 30 août 2009, un pouvoir illégitime, bénéficiant d’une forme d’ingérence extérieure, s’est installé au mépris de la réalité des urnes avec la complicité interne des institutions de la République et l’instrumentalisation des forces de défense et de sécurité. À tort ou à raison, les Gabonais sont convaincus du rôle particulier de la France dans la situation actuelle du Gabon.

 Cette conviction s’appuie d’abord sur l’attitude surprenante des médias publics français qui, dès le décès du Président Omar Bongo Ondimba, ont annoncé, comme une évidence, sa succession par son fils du fait de sa filiation et du contrôle que ce dernier exerçait sur les forces de défense et de sécurité, tout en reconnaissant curieusement son impopularité. Elle s’appuie ensuite sur les déclarations publiques de personnalités faisant autorité en France et qui ont clairement indiqué que la France avait fait le choix d’Ali Bongo Ondimba pour succéder à son père.

Enfin, les félicitations hâtives de la France, avant la fin du contentieux électoral, ont fini de convaincre l’opinion Gabonaise d’un parti pris.Du reste, à ce jour les autorités Américaines quant à elles n’ont toujours pas adressé de félicitation au Président de la République installé au pouvoir au Gabon. Ainsi, alors que le Gabon disposait d’un cadre constitutionnel et d’institutions permettant de conduire valablement une transition démocratique, les hommes et les femmes qui en avaient la direction, convaincus de la protection dont ils bénéficieraient de la part de certains "Amis du Gabon", ont créé, par leurs actes, les conditions de faillite de l’État de droit.

 À cet égard, la Cour Constitutionnelle s’est illustrée, avec un zèle rarement atteint, par des interprétations spécieuses et partisanes du droit en vue de favoriser le contrôle de l’appareil d’État par un "Camp". Madame le Président de la République par intérim, convaincue elle aussi de ce que le choix des Gabonais ne serait pas pris en compte, est sortie de la neutralité attendue de sa fonction pour favoriser ostensiblement le candidat du PDG. Dans le même esprit, une partie des forces de défense, en l’occurrence les parachutistes, a été utilisée pour permettre au Ministre de l’Intérieur, qui cumulait fort opportunément les fonctions de Ministre de la Défense, d’annoncer des résultats contraires à la réalité des urnes. Les manifestations de Port-Gentil qui ont suivi l’annonce des résultats par le Ministre de l’Intérieur ont été violemment réprimées par les forces de défense et de sécurité, entraînant la mort de plusieurs compatriotes.

Quelques heures auparavant, les principaux responsables politiques opposés au passage en force du candidat du PDG ont été malmenés, agressés et blessés dans les mêmes conditions avant l’annonce des résultats alors que plusieurs d’entre eux étaient candidats à cette élection, donc bénéficiaient en droit de la protection de l’État, et d’autres avaient le statut de parlementaire. La présence permanente des forces de défense de deuxième catégorie dans la vie quotidienne des Gabonais montre bien que le pouvoir actuel ne repose que sur la force et non sur l’adhésion des populations.

Cette situation provoque depuis lors une crise profonde dans le pays. Cette implication des forces de défense et de sécurité fait désormais naître de sérieuses inquiétudes sur leur rôle dans les processus politiques au Gabon. Depuis le mois d’octobre 2009, les principales mesures prises perturbent de manière significative l’activité économique et l’équilibre social du pays. Les observateurs de la vie politique, les investisseurs, les chefs d’entreprises, les syndicats et l’ensemble de la population gabonaise s’interrogent avec gravité sur la capacité de ce pouvoir à bien gouverner. L’arrêt brutal et contraire au code forestier des exportations de bois en grumes a une incidence désastreuse sur la filière et les secteurs connexes, sans oublier la perte des bénéfices qu’en tiraient les populations de nos villages.

La gestion solitaire et dictatoriale s’illustre également dans l’instauration précipitée et sans concertation, ni mesures d’accompagnement de la journée continue de travail dont l’utilité économique et sociale des objectifs n’apparaît aucunement ; elle témoigne au demeurant de l’arrogance et de l’amateurisme d’un exécutif qui s’était préparé à la conquête frauduleuse du pouvoir en laissant visiblement de côté la question de son exercice.

Le comble de cette dérive autoritaire est l’adoption sans amendement parlementaire - fait inédit - du budget de l’État. Tous les partenaires au développement qui accompagnent le Gabon savent combien ce budget, irréaliste et non sincère, ressemble à une très mauvaise farce et nous place au rang des pays peu fiables. Face à l’inévitable mécontentement social qu’engendre cette gouvernance, l’arrogance face aux chefs d’entreprises, la menace à l’endroit des syndicats et la répression sanglante contre les étudiants sont les seules réponses apportées par le pouvoir.

La crise politique que traverse le Gabon est réelle. Ses dégâts sur l’économie et l’équilibre social du pays sont évidents. Plus que jamais, l’illégitimité du pouvoir politique est telle que la société gabonaise se trouve aujourd’hui dans une situation de paralysie. L’Opposition réaffirme que son combat est républicain et démocratique.

Cependant elle ne sera pas toujours en mesure de maîtriser la colère légitime d’une grande majorité de citoyens en proie au désespoir. Dès lors, si rien n’est fait, le pays pourrait exploser à tout moment et s’enfoncer dans une crise aux conséquences incalculables pour les intérêts du Gabon comme pour les intérêts de ses partenaires, au premier rang desquels se trouve la France. Pour conjurer cette menace, l’opposition Gabonaise qui jusqu’ici s’est employée à contenir la colère de ses compatriotes réaffirme qu’il est urgent d’engager, de manière responsable, des réformes en vue du renforcement de la démocratie et de l’État de droit, gage de stabilité et de paix durable.

Ces réformes concernent notamment : LA TRANSPARENCE ÉLECTORALE * Le recentrage des compétences de la Cour Constitutionnelle en matière électorale * Le retour au scrutin à deux tours pour les élections uninominales * La mise à plat du fichier électoral * L’introduction de la biométrie dans le fichier électoral * La réforme de la Commission Électorale Nationale Autonome et Permanente (CENAP) LES LIBERTÉS PUBLIQUES * Le statut des dirigeants des syndicats et des dirigeants des partis politiques * L’accès égal des partis politiques dans les médias publics * L’autorisation et l’encadrement des meetings et des marches des partis politiques, des syndicats et des citoyens organisés * La libre organisation des partis politiques dans le strict respect des dispositions de la loi 24/96 y relative, notamment la légalisation sans délai de l’Union Nationale et la non remise en cause des mandats des élus des partis politiques ayant fusionné * L’encadrement du contrôle des communications (téléphone, SMS et Internet) * La libre expression des Médias privés, particulièrement la couverture nationale de TV+ rendue impossible depuis le 03 septembre 2009 par l’occupation militaire des équipements de retransmission de la chaîne * La protection de la liberté d’opinion des agents publics dans le respect de leurs obligations de réserve dont beaucoup ont fait l’objet d’une véritable chasse aux sorcières au sortir de l’élection présidentielle du 30 août 2009 Sans remettre en cause les liens séculaires qui unissent la France et le Gabon, ainsi que les accords bilatéraux dans tous les domaines, l’Opposition gabonaise est extrêmement préoccupée par la voie choisie par la France après le 08 juin 2009 pour le maintien de ces relations. Elle considère, de ce point de vue, qu’il est important de ne pas privilégier les intérêts apparents du court terme de certains et sacrifier ainsi la profondeur et la durabilité des intérêts réciproques indispensables au rayonnement des deux pays.

Dans la situation actuelle, la visite officielle du Chef de l’État Français au Gabon, qui fait suite à plusieurs rencontres à Paris avec le Président Gabonais au cours des six derniers mois, pourrait uniquement ressembler à un adoubement officiel si elle ne participe pas à la recherche impérieuse d’une sortie de crise.»

 

Selon les observateurs de la vie politique « Le parti Union National « UN » montre ses faiblesses par le manque de solidarité, un parti digne de ce nom devrait avoir un seul signataire comme l’ont fait d’autres partis, et le hic c’est que ce n’est pas toutes l’opposition qui est signataire de ce mémorandum dit de l’opposition, c’est juste une stratégie pour ce faire une place au soleil comme ils l’ont été dans le passés ».  

 

Fait à Libreville, le 24 février 2010 Alexandre NDAOT-RILOGHE (PDS) Augustin MOUSSAVOU-KING (PSG) Louis-Gaston MAYILA (UPNR) Pierre-André KOMBILA-KOUMBA (RNB) Benoit MOUITY-NZAMBA (PGP) Léon MBOU-YEMBI (FAR) Jules-Aristide BOURDÈS-OGOULIGUENDÉ (CDJ) Henri SENE-INGUEZA (CDJ) Pierre Claver Zeng Ébome (UN) André Mba Obame (UN) Casimir OYE-MBA (UN) Jean ÉYEGHE-NDONG (UN) Zacharie MYBOTO (UN)
 


Source : Génération Nouvelle Auteur : Génération Nouvelle

 
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